Le Kilimandjaro n’est maintenant plus qu’un souvenir. Le souvenir de mon premier sommet en haute montagne, le souvenir d’une expérience unique que je vais tenter de vous retracer.
On parle ici d’un sommet culminant à 5895m. Les mots qui suivront n’engagent donc que moi et un avis subjectif sur ce que j’ai vécu. Je pense que peu importe votre condition physique, votre expérience, une telle altitude est accessible à une grande majorité d’entre nous en respectant à la lettre les consignes de votre guide.

Pour cette ascension du Kilimandjaro, nous avons suivi la voie Machame, une voie permettant d’atteindre le sommet en 6 jours et qui offre une diversité dans les paysages incomparable. Qui dit ascension dit également de composer une équipe. Pour ce faire, l’agence a rassemblé une équipe de 7 personnes : 1 guide, 1 assistant guide, 1 cuisinier et 4 porteurs.

Jour 1 : 10km 1200D+

Après une  dernière nuit à l’hotel, le départ se fait aux alentours de 8h depuis la ville de Moshi où j’ai séjourné pendant quelques jours. Après 1h30 de route, nous voilà à la porte Machame pour démarrer notre aventure. C’est l’une des 7 voies existantes qui mène au sommet.
Cette première étape est celle de la mise en jambe, le dénivelé est progressif. On a passé environ 3h45 à travers une épaisse forêt avant de voir enfin la lumière du jour et… un brouillard épais. Le rythme est “polé polé”, ce qui signifie “doucement doucement”. Ca sera le mot d’ordre de cette semaine.
Que dire de l’équipe ? Ils sont 5 pour gérer le matériel, la nourriture. Des anges tombés du ciel ! C’est limite un supplice que de les voir porter jusqu’à 20kg sur le dos quand je n’ai que la moitié.

Je profite de cette première journée pour enfin aller gambader librement, au programme une montée sèche de 1km / 300d+ pour découvrir le coin.
À 20h les lumières s’éteignent pour faire place à une nuit réparatrice.

Jour 2 : 7km 800D+

Réveil 6h, on voit enfin le soleil et que dire de ce spectacle avec pour fond le Mont Uhuru (Sommet du Kilimandjaro).
Cette étape laisse enfin se dégager les paysages mystiques de ce lieu. La montée se fait sans encombre et toujours au rythme local. Après une première journée à travers une forêt dense, la seconde étape nous offre une petite brousse verdoyante.
Marcher si lentement n’est pas aisé, c’est une nouvelle approche de la randonnée mais au moins je n’ai aucun mal avec l’altitude. Au final nous serons montés jusqu’à 3900m pour dormir à 3750m.

Après le soleil du matin, les nuages et la pluie ont repris leur droit l’après midi.

Jour 3 : 10km 900D+

C’est la première et dernière fois que je me réveille faire des photos de nuit tout en laissant ma tente entre ouverte. Le résultat est sans appel : après quelques tentatives de clichés, l’intérieur de ma tente est humide. La nuit a donc été courte, très courte.
Cette nouvelle journée débute avec 7km de montée pour atteindre le Lava Tower, un édifice forgé par le magma : 4600m. Je sens peu à peu l’altitude, c’est une étrange sensation. Je ne me sens ni mal, ni bien. Les paysages laissent passer ce mauvais moment : au choix le Mont Meru encerclé par les nuages (4500m) et de l’autre le sommet du Kilimandjaro.

Après environ 3h de montée il est temps de déjeuner et continuer à s’acclimater. La nourriture je n’en ai pas encore parlé : tous les jours des plats différents, des soupes et surtout des quantités astronomiques pour bien récupérer des efforts, je me sens privilégié.
La journée se termine avec 3km de descente sous un crachin. La brume reprend ses droits.

Le clou de la journée ? La vue de ce qu’ils appellent le Breakfast…

Jour 4 : Étape 4 : 6km 400D +

L’étape de transition dira-t-on. Le breakfast porte bien son nom : une montée sèche et technique où il faut rester prudent. Les porteurs montent 20kg et leur rythme témoigne de la difficulté de cette zone.
Après 1h15 de montée nous atteignons un plateau qui me laisse sans voix ! S’en suit une discussion sur la politique américaine avec des randonneurs rencontrés la veille. C’est toujours agréable de rencontrer des étrangers et pouvoir échanger sur leur vie, leur recherche à travers le voyage. C’est en effet un plaisir que j’ai dans le voyage.

Cette courte journée de randonnée se termine vers 11h30 après une longue traversée désertique au camp 4 à 4000m.

Avec cette arrivée précoce je me suis décidé à tester mon corps en allant faire quelques km de Trail. Une montée à 20% de moyenne soit 1.5km et 300D+ m’a fait comprendre les joies du sport en altitude. J’ai littéralement eu le goût du sang en bouche, le corps n’est pas (encore) adapté à ces efforts.
Je profite pleinement de cette dernière avant la montée jusqu’au Base Camp, qui sera le dernier point de repos avant l’ascension finale.

 Jour 5 : Étape 5 : 4km 800D+

Toujours des ratios intéressants. Pour cette avant dernière étape avant le sommet du Kilimandjaro l’objectif est simple : monter au base camp le plus proche du sommet avant de partir tenter l’ascension à minuit.
Nous partons donc tôt le matin pour avoir le temps de nous reposer l’après midi. Le soleil est au rendez-vous encore une fois et nous arrivons à 11h30 au camp.
L’objectif de l’après midi de se reposer m’est impossible, entre l’excitation d’atteindre le sommet et l’altitude il est délicat de dormir. Les quelques heures avant le départ ressemblent elles aussi à celles de l’après-midi, mon corps refuse de s’endormir.

Jour 6 : Étape 6 : 4.5km 1200D+ / 11.5km de descente au premier camp de base

Le réveil sonne à 00h, le départ est programmé à 1h. Le guide sûrement pas au courant de mon surnom de ” babtou fragile” estime que l’on peut atteindre le sommet en 4h30 à 5h au lieu de 6-7h pour les autres groupes.
Après avoir avalé un rapide café, il est enfin l’heure de partir. Température ? -10°, ressenti -15 avec le vent. Pour le coup je pars avec le maximum de couches possibles.
Nous montons à bon rythme pendant environ 800D+ et reprenons tous les groupes partis avant. Malgré les couches j’ai les orteils et doigts gelés.
C’est finalement à 5500m que je commence à sentir les effets de l’altitude. Nous ne sommes qu’à 150m de D+ de Stella Point et environ 400 du sommet mais cette fin d’ascension est compliquée. Entre les maux de têtes qui s’intensifient, l’air qui se raréfie et le froid glacial, la fin de cette étape devient une épreuve mentale.
Après un dernier coup de bâtons la pancarte indiquant les 5895m est enfin à portée de main. Nous ne resterons avec Maisha que 5′ car la température avoisine ici les -25°.
Je peux ENFIN  le dire : j’ai conquis le toit de l’Afrique.

Après un magnifique lever de soleil, nous terminons cette aventure avec une redescente jusqu’au premier camp de base à 3000m environ. Les maux de têtes se sont estompés avec cette descente et la fatigue se dissipe avec un dernier diner local.
S’en suit une dernière nuit complète, ressourçante et reposante. Nous terminons cette aventure avec environ 10km de descente jusqu’à la porte d’entré du parc national.
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