C’est un rêve que l’on pose sur un bout de papier et qui a finalement pris forme pendant une petite dizaine de jours. Aller courir le Semi Marathon des Sables au Pérou, un peu dingue non ? 120km de sable, de pierres, de vent, le tout sous une chaleur parfois à la limite du supportable. C’était mon rêve et il est aujourd’hui réalisé grâce à Waa Ultra et à tous mes proches qui ont participé à ce projet, de près comme de loin.

Poser des mots sur cette course, ce pays et tout ce que j’ai vécu n’aura jamais le même impact que de vivre l’évènement de l’intérieur, coupé du monde, à l’autre bout de la France mais pour autant j’espère bien arriver à vous faire ressentir ne serait-ce qu’un dixième de cette expérience.

Départ pour Lima

C’est parti pour 20 heures de trajet pour rejoindre la capitale péruvienne. J’arrive le 1er Décembre à 6 heures du matin et l’heure de rendez-vous est prévue pour 22h30, autant vous dire que j’ai eu le temps de visiter un petit peu. Prenez un taxi depuis l’aéroport (pour éviter toutes mésaventures) et commencez par Miraflores, qui vous offrira une vue imprenable sur la côte et l’océan. J’y rencontre Xavier, un coureur suisse qui m’a reconnu avec le sac MDS. C’est l’occasion de partager notre ressenti et profiter des paysages avant de rejoindre les autres coureurs.


Photo prise depuis le Parque del Amor

Day 1 – Installation dans le désert :

L’expédition débute. Nous montons dans les bus ultra confort de la compagnie Civa et c’est parti pour 7 heures de bus jusqu’au désert Ica. Après une courte mais ressourçante nuit, nous changeons de moyen de locomotion et prenons cette fois des camions militaires, bien plus adaptés pour avancer dans ce terrain hostile.

Il est enfin temps d’arriver sur notre camp. Nous passons par le check point et laissons tous le surplus de matériel derrière nous. Nous récupérons nos 5L d’eau qui devrons nous servir jusqu’au lendemain, notre roadbook et découvrons notre petit appartement local pour la semaine. L’heure est aux rencontres, à la découverte de nos collègues de nuit : JohanAntoineVincent et Delphine seront mes camarades de bivouac pour la semaine.

Day 2 – Etape 1 – 26,7km – 800 D+

Le départ est prévu pour 7h30, le réveil pour 5h30. Il me faut un petit peu de temps pour émerger, me mettre dans les conditions de la course. Au programme une épreuve “courte” d’un petit peu plus de 26km et une belle dune de sable meuble sont au programme.

1-10,5 km

Nous nous élançons avec Guillaume (un ami avec qui j’avais parcouru le GR20 quelques semaines auparavant) dans l’inconnu le plus total. N’ayant jamais couru dans le sable, cette première étape est donc l’occasion de se frotter à un nouvel ennemi.
Les 10 premiers kilomètres sont plutôt roulants et alternent des parties de sable meuble où il est difficile d’avancer vite et des parties plus dures où nous pouvons accélérer. Nous atteignons le CP 1 (10,5km) en 1H10 et nous élançons vers la véritable difficulté du jour.

10,5 – 17,5km

C’est le moment compliqué de l’étape, une dune de sable meuble qui parait beaucoup plus simple qu’elle n’en a l’air. Au total 350D+ sur 1KM, avec une première partie où nous avançons à bon train avant une seconde partie beaucoup plus raide et dans laquelle les coureurs qui n’ont pas pris leurs bâtons sont obligés de se plier en 4 pour avancer. 
Photo by Johan Judith 

Une fois cette étape franchit, nous continuons à monter progressivement jusqu’au CP2. Cette partie est délicate pour moi, la chaleur montante et le dénivelé nous en font voir de toutes les couleurs. Nous arrivons en 2h47

17,5 – 26,7 km

Nous atteignons le CP2 et profitons désormais de la longue descente pour lâcher les chevaux et récupérer le retard que nous avons pris sur les autres concurrents. Au total nous doublons une dizaine de coureurs pour rallier la ligne en 3:45:58.
Classement du jour 78/354 engagés

Day 3 – Etape 2 – 56,3km – 1500 D+

C’est l’étape que nous redoutions le plus. Le départ a été avancé à 5h30 et l’étape raccourcie de 10km à cause des conditions météo défavorables. La nouvelle a pu en décevoir plus d’un mais au vu de l’étape se fût clairement un mal pour un bien. Pour ma part, les jambes se sont bien remises de la veille et malgré une ou deux petites ampoules, les pieds sont encore entiers.

1-20km

Je suis prudent dans cette partie de course, car le chemin est long et la chaleur ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. Cette première partie est celle où une grosse partie du dénivelé du jour nous est proposé. Guillaume décide de me lâcher à partir du CP1 et c’est une bonne chose car je n’ai pas les jambes pour le suivre. Débute alors pour moi une longue étape en solitaire. J’atteints le CP2 au bout de 2h57 de course. Il ne reste plus que 36km de sable et portions plus roulantes à affronter.

20-30km

Juste après le CP2, vient alors une longue partie roulante où la chaleur vient se mêler à notre course. Le chemin parait interminable, je vois au loin des concurrents mais la route me semble sans fin. Je suis alors rejoint par une athlète espagnole, que j’essaye d’emmener sur quelques kilomètres mais c’est finalement elle qui aura le dernier mot et me déposera sans que je puisse réagir. S’en suit une longue ligne droite dans laquelle je suis incapable de relancer. J’alterne marche et course mais mon corps ne réagit plus et la chaleur prend le dessus. Je rejoins le CP3 en 4H10, m’hydrate comme il se doit et espère retrouver mes jambes.

30-56km

J’aurai pu découper cette partie en deux mais c’est à partir de ce 30ème kilomètre et jusqu’à l’arrivée que j’arrive enfin à me raccrocher à des concurrents pour finir cette étape. Je fais donc la rencontre de 2 basques, Lionel et Nicolas. Nous sommes dans une partie de course où le vent de face souffle fort contre nous. Nous en profitons donc pour avancer en relais dans les côtes et braver plus facilement les difficultés, puis de relancer en courant dans les portions plus roulantes.

Comme vous pouvez le constater, Nicolas coure en espadrille, comme si courir dans le sable n’était déjà pas assez compliqué… Nous rejoignons le CP5, puis 6 à bon train. Les kilomètres défilent jusqu’aux 10 derniers kilomètres, où nous affrontons des bancs de sable meuble qui viennent freiner notre allure. Avec une bonne dose de bonne humeur nous franchissons finalement la ligne d’arrivée en 8:26:47.
Classement final : 87/354 engagés.

Day 4 – Journée de repos

La fameuse journée de repos. Pour moi c’est l’occasion de soigner les vilaines ampoules venues me gâcher la vie en cette fin de séjour. Un grand MERCI à toute l’équipe Dock Ever pour leur professionnalisme à toute épreuve durant cette semaine.
Cette journée c’est aussi celle pour faire le point entre nous, nous reposer à l’ombre, dormir un petit peu plus et partager. Car on ne le dit pas assez mais l’aventure HMDS c’est aussi une aventure humaine. On y échange sur nos vies, on se livre à des personnes qui étaient de parfaits inconnus il y a quelques jours. On parle de tout et n’importe quoi et c’est l’occasion de partager nos futurs projets. Avec EmmaLisa, Sarah et Guillaume on parle déjà de notre randonnée 2019 dans les Pyrénées !!

Day 5 – Etape 3 – 22,1km – 450D+

C’est le dernier jour, celui qui nous laisse un noeud dans la gorge dès le départ. On sait que c’est la dernière et qu’il n’y en aura pas d’autre.

1-9km

Mes pieds sont en compote, les pansements et autres soins reçus ne font qu’abstraction de la douleur. On débute avec quelques dunes de sable meuble mais l’envie d’en finir avec ce désert me fait même courir dans les côtes les plus raides. Je retrouve Emma et Guillaume dans la longue descente menant jusqu’au CP1. J’arrive en 50 minutes au CP et décide de ne pas m’arrêter pour ne pas me refroidir et surtout car c’est l’occasion de gratter quelques places.

9-17km

La seconde partie de cette étape est une longue alternance de petites montées et descentes. Partie sûrement un petit peu vite, je me fais reprendre par quelques coureurs et rejoins le CP2 en 1h38.

17-22,1km

Nous pensions cette partie plus simple mais il n’en fût rien. Nous alternons une nouvelle fois descentes et montées. J’aperçois enfin la ligne d’arrivée. Tout juste le temps de sortir mon drapeau que ce Half MDS Pérou prend fin.
J’arrive en 2:18:19.

Classement 73/534 engagés – Classement final 84/354 en 14:31:14

Pour conclure

Une aventure inoubliable. Je parle ici d’aventure et non de course car mon résumé du Half MDS Pérou, c’est avant tout les rencontres, le partage, l’échange, les moments de moins bien, l’alvéole 9-11, les rires, les toilettes lowcost, les embrassades, les sourires, les couchers de soleil, les courtes nuits, les tremblements de terre, les longs trajets, les plats lyophilisés, le Pisco Sour et j’en passe.

Alors MERCI à toutes et à tous.

Pour plus d’infos, retrouvez toutes les infos de la course ici

Il n’y a de plus belles aventures que celles que l’on partage