Le Grand Trail des Templiers est l’une des courses les plus connues dans l’univers du Trail. Nous avons donc pris la décision de nous y inscrire avec 2 amis qui ne connaissaient pas encore cette distance. Pour moi, c’était l’occasion de finir l’année sur une bonne performance et confirmer les acquis de ma semaine sur le GR20.

Le contexte :

Je me suis inscris à cette course avec 2 amis 1 an en avance pour m’y préparer comme il se doit. Mais pour autant je n’avais pas prévu de vivre l’aventure GR20 seulement 3 semaines avant et cela a forcément eu un impact sur mon état de forme. J’ai en plus eu la bonne idée de Pacer un ami sur les 20km de Paris, ce qui m’a entre autre valu de terminer avec une douleur sub abdominale. Je suis donc arrivé sur cette course mythique avec un niveau de fatigue élevé, une douleur naissante mais des ambitions affirmées de vouloir terminer aux alentours des 10 heures de course. Pour mes 2 partenaires de course, l’objectif était simple, terminer leur premier GRAND Trail.

La course :

Le départ à lieu à 5h45, nous prenons donc l’initiative d’arriver vers 5 heures pour être bien placé dans la première montée du jour, qui laisse tout de même peu de place pour doubler. Nous sommes tous 3 confiants. La musique mythique Ameno de Era retentit, les fumigènes sont allumés et les premiers frissons parcourent mon corps. Les lampes torches sont allumées et nous partons dans l’inconnu ensemble.

 

0-9km :

Comme évoqué lors de notre petit brief de course, nous partons tous les 3 à l’allure qui nous semble la plus juste et avec pour objectif de se retrouver à la fin. Je pars donc sur cette première portion de route assez confiant. Au programme un petit peu plus de 600m de D+. Tout se passe bien pour moi, les jambes répondent présent, je monte la première côte sans difficulté, je me prends tout de même une remarque d’une Traileuse car j’ai utilisé 20sc mes bâtons alors que c’était interdit dans la première côte … (au moins je penserai à lire le règlement de course la prochaine fois).

9-23km :

Sylvaine m’avait parlé de cette partie de course très roulante, en me précisant de ne pas m’enflammer. En effet ces 14km qui mènent jusqu’au premier ravitaillement sont vallonnés et permettent de courir sans trop se prendre la tête. Je suis donc ses conseils et file à 11km/h jusqu’à la descente de Peyreleau. Cette descente est technique mais surtout glissante à cause de l’humidité de la nuit. Ayant bien géré mon allure j’ai tout de même pu me placer convenablement pour descendre à bon rythme. J’arrive au ravitaillement en seulement 2h32, l’ambiance y est tout simplement géniale, des très nombreux spectateurs nous encouragent, nous applaudissent, ma course peut enfin débuter.

23-35km :

Je range ma frontale, recharge mes gourdes et grignote une barre avant d’entamer la seconde partie de course qui nous propose une nouvelle belle côte avec 600D+ sur 3-4km. Je me suis économisé sur la partie roulante, c’est donc confiant que j’entame cette portion, les petits faux plats passent jusqu’à cette côte. Je suis coincé sur la quasi totalité de l’ascension derrière un groupe (une dizaine de coureurs) et impossible pour moi de doubler. Je prends mon mal en patience et arrivé en haut de cette côte, je relance l’allure sur la partie vallonnée pour atteindre le ravitaillement de Saint André en 4h14, toujours dans le top 500.

35-la tuile :

Je prends cette fois du temps (3 minutes au total) pour refaire le plein et manger quelques fruits. Le corps réagit bien, mais les semelles orthopédiques sont toujours trop rigides à mon goût et me font vraiment mal aux pieds. Je vois que les autres coureurs prennent vraiment leur temps sur ce ravitaillement, tandis que pour moi le but est simple : repartir le plus vite et rejoindre Pierrefiche (km 50) qui n’est qu’à 15km et auquel je prendrais davantage le temps de me reposer.
Je repars donc et seulement 300m plus loin, ma douleur sub abdominale contractée la semaine passée refait surface, je sens qu’il faut me décider rapidement, car la douleur est acceptable mais gênante. Je m’obstine sur 3km avant de prendre la décision de stopper mon effort vers le 38ème kilomètre.

Mon tout PREMIER ABANDON : je jète les bâtons au sol, je m’effondre sur la bas côté du chemin et je craque sous le poids de l’émotion. Des Traileurs sentant mon désarroi me tapent sur l’épaule et m’adressent quelques mots d’encouragement, c’est ça “l’esprit TRAIL” que j’adore.

Fin de course :

Ma course est terminée, mon objectif pourtant si bien parti pour être atteint se brise en quelques secondes. Mais j’ai encore mes 2 amis en course, qui ne sont plus très loin et qui vont passer. Je croise Paul, une vingtaine de minutes derrière, qui avance à bonne allure, puis Théo, qui doit être 10 minutes derrière et qui serre les dents. Je leur adresse quelques mots et les retrouverai à l’arrivée.

Je suis rapatrié jusqu’à Millau par une famille (encore merci) pour suivre l’arrivée des premiers, de Sylvaine et de mes amis.
La musique retentit à nouveau, les premiers arrivent en seulement 6h40. Puis vient le tour de Sylvaine, 6ème féminine en à peine 9H15, quel plaisir de la retrouver à ce niveau seulement quelques semaines après le GR20. Elle a encore une fois chutée à plusieurs reprises mais elle bat ici son record sur l’épreuve et atteint son meilleur classement.


De mon côté je suis en live l’avancée de Paul et Théo, ils sont partis pour finir en 12 et 13 heures. Paul arrive finalement en 12h09, au sprint et se classe 594/2700, pas mal pour une première sur cette distance.

Puis vient Théo, marqué par la course, on décide de franchir la ligne à ses côtés. Finisher en 13h15, que dire à part BRAVO.

Mon retour :

Je ne me savais pas en forme, j’aurai du renoncer et ne pas prendre le départ mais une telle course mérite d’être courue, quand bien même le corps n’est pas à 100%. Cet abandon est une bonne chose car début décembre je serai sur le semi marathon des sables au Pérou et je pense que j’ai pris la bonne décision. C’est toujours difficile d’abandonner, surtout quand ce n’est jamais arrivé avant, surtout quand on est bien au classement, surtout quand le corps répondait si bien avant la douleur mais il fallait dire STOP.

Un grand merci à l’organisation, exemplaire du début à la fin, à tous les bénévoles qui rendent cette course si unique.

Le site officiel de la course : ici

Le plan de la course : ici

 

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